Beezie Madden s'offre le plus difficile Grand Prix de l’année à Calgary !

Beezie Madden et Darry Lou avaient déjà remporté l'épreuve majeure de ce CSIO 5* de Calgary vendredi !
Crédit : Sportfot

Lundi 09 septembre - 00h44 | Mélina Massias

Beezie Madden s'offre le plus difficile Grand Prix de l’année à Calgary !

Quel Grand Prix ! Leopoldo Palacious avait placé la barre très, voire trop, haute ce dimanche soir, à Calgary. En effet, seuls Beezie Madden et le styliste Darry Lou sont parvenus à ne pas effleurer la moindre barre au cours des deux manches. Tous les autres concurrents se sont, à un moment ou un autre, fait piéger. Inattendu à ce niveau d’épreuve, Rowan Willis et son généreux alezan, Blue Movie ont pris une incroyable deuxième place, juste devant Max Kühner, en selle sur un Chardonnay 59 apparu au meilleur de sa forme. Retour sur un Grand Prix d’exception.

Ça ne passe pas pour les Bleus …

Ils sont cinquante-et-uns à vouloir tenter d’empocher le très difficile Grand Prix Rolex de Spruce Meadows. Les prétendants sont nombreux à vouloir inscrire leur nom à ce prestigieux concours, comptant pour le circuit du Rolex Grand Slam. Mais les parcours s’annoncent une nouvelle fois relevés sur la vaste piste vallonnée du Canada. Quatorze obstacles et dix-sept efforts se dressent sur la route des cavaliers. Sous un ciel couvert, les pilotes font rapidement les frais du premier tracé composé par Leopoldo Palacious. Malgré un parcours déroulé avec une grande précision, Zoé Conter écope de neuf points sur Davidoff de Lassus. La paire belge cause d’ailleurs des frayeurs aux nombreux spectateurs dès le début de son exercice : sur le vertical numéro deux, le puissant fils d’Ugano Sitte se recule fortement, sautant l’obstacle de pieds ferme. Doron Kuippers quant à lui, essuie un refus au milieu difficile triple. Et le Néerlandais n’est pas le seul à faire les frais de la combinaison. En effet, Enrique Gonzalez chute au centre de celle-ci, après avoir difficilement franchi l’entrée. Finalement, les fautes sont multiples, et même les meilleurs couples peinent à trouver la solution. Pas même Dani G. Waldman et sa formidable Lizziemarry, ou encore les lauréats de l’année passée, Sameh El Dahan associé à Suma’s Zorro ne parviennent à résoudre les équations du tracé. Martin Fuchs et Clooney 51, récents médaillés d’or aux championnats d’Europe Longines de Rotterdam il y a quelques semaines, ont bien failli réaliser une nouvelle performance majuscule. Malheureusement, le caractériel fils de Cornet Obolensky a de nouveau fait des siennes. À l’abord de l’ultime effort de ce tracé, le hongre a dévié vers la gauche, en direction de la sortie, faussant l’abord de l’oxer numéro quatorze et lui coûtant un très cher quatre points.
Chez les Français, il en va de même. Auteur d’un prometteur parcours dans la Coupe des Nations hier, Edward Levy laissent l’entrée du triple numéro neuf, le très fautif vertical numéro dix et l’ultime oxer à terre. Malgré tour, le jeune pilote a déroulé un parcours intéressant et bien mené, avec son puissant Drag du Buisson Z. En revanche, pour Olivier Robert, les choses se déroulent moins bien. Dès le premier saut, Vivaldi des Meneaux ne semble pas à son affaire. Le couple champion de France Pro Elite en 2018 commet une énorme faute sur le deuxième vertical du parcours. Olivier Robert manque d’être de chuter et décide d’en rester là après avoir remis sa monture en confiance. Ne restait alors plus que Kévin Staut pour sauver l’honneur. Visiblement émoussée, Urhelia Lutterbach a renversé trois barres en fin de parcours. Ils sont finalement huit à conserver leur score vierge de toute pénalité, temps et barres tombées comprises, parmi les douze qualifiés pour le second acte de cette épreuve.
 

Une deuxième manche trop périlleuse ?

Calgary est réputé pour sa difficulté. Son parc d’obstacles si particulier, et l’immensité de sa piste, qui plus est pleine de dénivelés, rendent d’entrée les choses compliquées pour les cavaliers et les chevaux. Le chef de piste a joué avec cela, et composé une deuxième manche encore plus délicate que la première. Sur les onze obstacles disposés lors de ce second acte, la ligne des deux doubles, numéro neuf et dix, apparaît comme la plus grosse énigme de la journée. Kara Chad, qui avait pourtant survolé les obstacles aux rênes de Quidamo F lors du tour initial, comet cette fois trois fautes dans cette terrible ligne. Evelina Tovek, associée à Dalila de la Pomme, et Yves Vanderhasselt, en selle sur son excellente Jeunesse laissent eux aussi des barres à terre dans les deux dernières combinaisons, tout comme l’immense Frank Schuttert et le numéro un mondial, Steve Guerdat. En sortant de piste avec cinq points, François Mathy Jr peut s’en vouloir. Le pilote d’Uno de la Roque a en effet effleuré le premier obstacle du parcours, déroulant ensuite une démonstration sur les courbes techniques du tracé. Le Belge achève sa compétition à la quatrième place. Ces nombreuses fautes ont rendu le parcours quasiment insurmontable. Car si tous les obstacles étaient délicat, le chronomètre, très serré, a également été source de problème pour les cavaliers. D’ailleurs, personne ne sortira avec le score parfait de 0 de cette seconde manche, ne permettant pas d’offrir un barrage au public...

Beezie Madden seule au monde

Fort heureusement, les pilotes sont parvenus à dérouler de belles démonstrations d’équitation. Troisième Max Kühner a laissé l’entrée du double de vélos à terre, avec son fidèle Chardonnay 79. Le duo est apparu très à l’aise sur les deux parcours, et peuvent se réjouir de leur belle performance. S’il n’était pas attendu à ce niveau, Rowan Willis a fait sensation. Juché sur Blue Movie, l’Australien a fait étalage de tout son talent. Généreux, son alezan de 13 ans s’est battu jusqu’au bout. Et malgré les changements de pied intempestifs de sa monture, le pilote de trente neuf ans a monté ses parcours d’une main de maître. Avant-dernière à s’élancer, Beezie Madden a quant à elle répondu à toutes les questions du parcours… hormis une. En effet, l’Américaine a perdu quelques précieux dixièmes, qui lui ont coûté un point de temps à l’arrivée. Cela aurait pu valoir cher à la cavalière de Darry Lou : le chouchou du public, Eric Lamaze, pouvait encore lui ravire la victoire. Pour la plus grande déceptions des canadiens présents en bord de piste, l’attachant Eric Lamaze a fauté à deux reprises, sur le mur numéro deux et la sortie de l’ultime combinaison. Beezie Madden pouvait alors laisser exploser sa joie, quatorze après s’être imposée sur cette même piste, avec Judgement, en 2005. La cavalière a été la seule à ne pas toucher de barre dans ce Grand Prix extrêmement exigeant. Son attachant Darry Lou, au physique de poney, a signé sa plus belle victoire, et démontré toute sa classe. À onze ans, le fils de Tangelo van de Zuutheove semble promis à une brillante carrière. L’amazone américaine pourra donc compter sur son étalon alezan pour tenter de poursuivre l’aventure du Rolex Grand Slam, et ce, dès décembre prochain, à l’occasion du CHI de Genève.

Le classement complet.
 

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